Volume 10, numéro 9 — Septembre 2010

Les Conards à l'orange

Entrevue avec François Custeau

Les Conards à l'orange donnent le coup d'envoie de l'événement de la rentrée 2010 au Théâtre Granada le jeudi 9 septembre.

Le groupe de Sherbrooke, qui s'est produit en spectacle avec Mad'MoiZèle Giraf, Colectivo et Slaters' Sons cet été, s'apprête à conclure la saison estivale sur la scène du Granada en première partie des Planet Smashers. C'est Jean-Pierre Beaudoin [NDLR: un promoteur notamment connu pour les spectacles du Café du Palais et de Woodstock en Beauce] qui nous a contactés pour la première partie des Planet Smashers, explique François Custeau, chanteur, guitariste et principal compositeur de la formation. En fait, les trois groupes qui assurent les premières parties de cette série de spectacles de la rentrée ont participé à l'événement Sherbrooklyn, qu'a produit Beaudoin plus tôt cette année.

Les Conards vont profiter de cette vitrine pour interpréter des compositions tirées de leur deuxième album, intitulé Le Pied. On a composé la moitié des chansons d'un nouveau disque, qui sera probablement moins ska, plus rock, mentionne Custeau.

Un groupe de rock

Si vous connaissez le moindrement les Conards à l'orange, vous ne serez pas vraiment surpris par les propos de François Custeau concernant les influences de la formation. Au début, explique-t-il, lorsqu'on a formé le groupe, on voulait faire du Weezer avec du ska. Parmi les autres sources d'inspiration, mentionnons Rancid et Vulgaires Machins. Plus jeune, on écoutait Less Than Jake, Big D and the Kids Table… J'ai écouté et j'écoute encore beaucoup les Beatles, Led Zeppelin, Jimi Hendrix. Je crois que ça reste dans notre esprit. D'ailleurs, on aime se considérer comme un groupe de rock, pas comme un groupe punk. Peut-être est-ce moins lourd à porter politiquement? Quand t'es punk, il faut toujours avoir une opinion sur tout. Les Conards sont conscientisés, ils sont politisés, ils aiment penser qu'ils peuvent jouer un rôle, mais ils aiment aussi jouer du rock pour jouer du rock. Je suis conscient de l'impact et de l'importance des sujets abordés dans nos textes, mais comme groupe rock, on n'a pas besoin de se justifier de ne pas connaître les chansons de Minor Threat, parce qu'on ne les a jamais écoutées!

Démarche artistique

Au sujet du processus de composition des chansons, Custeau dit ne pas comprendre ceux qui commencent par la musique. C'est peut-être en raison de ma formation en lettres, mais je trouve ça beaucoup plus facile de commencer par le texte. La musique vient ensuite. Pendant que j'écris, la plupart du temps, je n'ai pas l'air en tête. Souvent, le refrain vient après. Il y a une large part d'intuitivité.

À moins bien sûr de pondre une phrase géniale comme dans «Là-bas Réal»? Réal, c'est vraiment parti d'un jeu de mots, admet-il. Après, j'ai imaginé un ivrogne de centre-ville qui est fâché parce que sa bière a changé de place au dépanneur du coin. C'est le genre de chanson qu'on finit par regretter…

Le numéro de ta sœur fait aussi partie des exceptions qui confirment la règle: C'est une chanson de Merci Beauté, un projet musical avec Phil [Arbour]. On avait la phrase “On chie dans l'eau potable, et pis on se torche avec des arbres”. Je me disais que c'était trop engagé, qu'on allait se faire prendre pour des militants de Greenpeace, alors Phil a eu l'idée d'ajouter la ligne sur ma sœur.

Une chanson, c'est forcément romancé, est-il d'avis. C'est pas inventé de toutes pièces, mais ce sont des collages. Par exemple, “Un festin à Coaticook”, ce sont des choses qui me sont vraiment arrivées, mais pas en même temps.

La chanson-fleuve «Mon conditionnement social» fut composée longtemps après le premier album du groupe, Tout le monde est fou sauf le chien. La ligne concernant le chien fou, c'est un clin d'œil au premier disque, à la vie quotidienne et ses conneries, aux détails et aux problèmes que t'as pas envie de résoudre. En fait, il s'agissait de trois chansons au début. On les jouait une à la suite de l'autre. On s'est rendu compte que les thèmes se rejoignaient. Ne restait plus qu'à fignoler les enchaînements, à faire un ou deux raccords. Et hop!

Industrie du disque

Faisant remarquer à Custeau que son groupe souffre d'un déficit aigu de distribution, la discussion se déplace du côté de l'avenir du disque indépendant au Québec depuis la faillite de Local. Comme bien d'autres, Custeau a peu d'espoir pour le support physique. Va falloir trouver des solutions, mais je ne sais pas si on va y arriver. Ça prend de la passion. Heureusement au Québec, les ventes diminuent moins vite parce que nous sommes encore prêts à soutenir notre micro culture, à encourager les artistes en payant pour des disques. Et puis, le groupe n'a pas dit son dernier mot: On travaille sur quelque chose chez les disquaires indépendants. Par exemple, on aimerait placer des disques en consignation par-ci par-là.

D'ici à ce que l'album soit disponible dans toutes les régions du Québec, allez voir le groupe en spectacle et procurez-vous l'album des mains de ses artisans. Une belle façon de se faire plaisir tout en contribuant à la scène locale!

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