Volume 10, numéro 2 — Février 2010

The Busters

Pas de quoi réveiller les morts…

La formation allemande The Busters a récemment lancé un album intitulé Waking The Dead.

The Busters

Produit par Rob Solomon et Stephan Keller, ce nouvel album des Busters s'inscrit dans la suite logique de Double Penetration, paru en 2007, avec son côté pop bien assumé. Première constatation en tenant l'album dans les mains: la qualité de la conception graphique. En cette période trouble pour l'industrie du disque, les groupes qui veulent se démarquer n'ont plus d'autre choix que de rivaliser d'ingéniosité.

Et même une formation qui a autant d'antécédents musicaux que les Busters ne peut échapper à cette règle. En ce sens, les Busters ont eu l'excellente idée de joindre à l'album un badge à l'effigie du groupe. Non seulement cette petite attention est-elle appréciée des mélomanes, mais constitue en plus pour le groupe une belle visibilité.

Mais rare sont ceux qui achètent un disque uniquement pour sa pochette, alors allons au principal, la musique. À la première écoute, aucune chanson ne se démarque réellement du lot, contrairement à «Whiskey 'til I drop» de l'album Evolution Pop. Néanmoins, après quelques écoutes, on découvre quelques titres qui justifient l'emploi de la touche «répétition».

La première pièce qui retient notre attention est la chanson-titre, «Waking The Dead», un mob-ska qui parle vaguement d'effusion de sang et de balles prises dans le dos. Bien que le texte de «Lavaman» soit plutôt métaphorique, voire obscur, le groupe y offre une excellente interprétation musicale qui saura plaire aux amateurs de new wave. Avec «Love Revolution», le groupe, appuyé par la voix de Katharina Wackernagel, poursuit dans le style lovers rock avec beaucoup de talent.

Le groupe exécute aussi quelques mod-ska plutôt réussis, dont «Peace, Love and The Rest» et «Stupidocracy» et un shuffle instrumental, «Happy Alone», mais la facture sonore de l'album est généralement pop. Parmi les chansons qui se démarquent du lot, mentionnons «End of the World» dont le propos sinistre détonne avec la musique bondissante et «Do it to me», une chanson de rupture, de déni, de bas-fond, d'espoirs déchus mais aussi de temps nouveaux, le tout interprété avec un sourire en coin sur une musique pop ska propice au défoulement qui mettra peut-être un baume sur les cœurs brisés.

Dans l'ensemble, les vétérans du ska germanique présentent un bon album, dont le seul défaut est peut-être sa longueur. On aurait pu resserrer le disque en coupant un ou deux titres. En somme, il n'y a pas de quoi réveiller les morts…

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