Volume 8, numéro 3 — Mars 2008

Bedouin Soundclash

De la réverbération superflue

Le trio canadien Bedouin Soundclash a surpris tout le monde en s'arrêtant en région au début du mois. En effet, le mardi 4 mars, le groupe était de passage pour la première fois au Cabaret Box Office de Drummondville pour donner un spectacle auquel ont assisté une bonne centaine de spectateurs.

Bedouin Soundclash

Par Jonathan Raymond

Fusionnant les sonorités reggae, soul et ska, Bedouin Soundclash multiplie les tournées en Amérique, en Europe, en Australie et au Japon. À Drummondville, le spectacle a commencé avec la pièce «Until We Burn In The Sun», suivie de «Living in Jungles» et «St. Andrews», le plus récent extrait du groupe.

La scénographie tout simplement magistrale était bien insuffisante pour dissimuler la voix exécrable du chanteur Jay Malinowski. Pas que le chanteur ait une mauvaise voix en soit, ou qu'il fausse, encore que… En fait, sa tendance au gémissement est tout simplement insupportable sur scène, surtout lorsque sa voix est amplifiée et qu'on y a ajouté trop de réverbération et d'autres effets.

Le spectacle a continué avec «Rude Boy Don't Cry», «Criminal» et «Hush», cette jolie (du moins sur disque) chanson gospel chantée a cappella. Pour l'accompagner (et sauver la mise), la choriste de l'excellente formation de première partie, Zaki Ibrahim, est venue appuyer Malinowski avec des chœurs qui, en leur absence, aurait rendu l'écoute insoutenable.

Avec «Bells of 59», «Jeb Rand», «Nico on the Night Train» et «Gyasi Went Home» la voix du chanteur s'est placée, un peu, mais pas assez pour qu'il ose demander aux spectateurs de chanter avec lui le refrain de «Money Worries». Pour que la foule (pas assez nombreuse) puisse entonner le refrain, il aurait d'abord fallu qu'elle puisse distinguer les paroles!

Étrangement, lorsque Malinowski s'adressait au public, on entendait parfaitement ce qu'il disait. Sa voix était posée, mélancolique… Il aurait intérêt à bannir tous ces effets d'écho superflus qu'il inflige à sa voix (et au public). Les performances du groupe ne s'en porteraient que mieux.

Bedouin Soundclash

Cela dit, lorsque «Walls Fall Down» a commencé, personne n'avait quitté. La moitié de la salle s'agitait sur la piste de danse au rythme du batteur Pat Pengelly et du bassiste Eon Sinclair, dont le talent se révèle sur scène.

Il faut aussi dire que les éclairages de Bedouin Soundclash étaient tout simplement exceptionnels sur une petite scène comme celle du Cabaret Box Office. Des toiles métalliques derrières lesquelles des éclairages chatoyaient tantôt du jaune au rouge, tantôt du blanc au bleu, donnaient l'impression d'appuyer la musique avec des teintes de feu ou de glace, selon l'ambiance. En fait, l'éclairage de la salle n'était utilisé que pour projeter des faisceaux de lumière blanche qui, lorsque la lumière des toiles se dissipait, créaient un effet de contre jour évoquant des influences punk des années soixante-dix.

La chanson «Shadow of a Man» fut suivie de la berceuse «12:59 Lullaby», qui fera l'objet du prochain vidéo-clip de la formation. Pour cette chanson, que les spectateurs connaissaient par cœur, des veilleuses, réparties un peu partout sur scène, se sont mises à scintiller, venant appuyer visuellement les paroles.

Après ce moment féerique, Bedouin Soundclash a enchaîné quelques versions, dont «Rudie Can't Fail» des Clash et «I Wanna Be Sedated» des Ramones, après quoi le groupe a introduit son plus grand succès, «When The Night Feels My Song», avec un court détour par la chanson «Stand By Me» de Ben E. King. Cette fois, les deux chanteuses du groupe de première partie sont venues appuyer Malinowski, qui en aurait eu besoin tout au long du spectacle… D'ailleurs, elles-mêmes semblaient trouver abominables — ou du moins risibles — les hurlements et les gémissements du chanteur.

Au rappel, le groupe a joué «Murder on the Midnight Wire» puis il a terminé le spectacle avec «Nothing To Say» puisque, comme a dit le chanteur, il n'avait plus rien à dire.

En somme, malgré une section rythmique réglée au quart de tour et une scénographie sublime, Bedouin Soundclash devra corriger ses lacunes vocales s'il souhaite durer plus longtemps qu'un feu de paille.

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