Volume 7, numéro 6 — Juin 2007

General Rudie

Phil Dixon

Adieu, mon Général…

Nous publions ce mois-ci la deuxième partie d'une entrevue avec le chanteur et saxophoniste Phil Dixon, qui a bien voulu discuter du parcours artistique de General Rudie, un an après la séparation du groupe ska le plus cool de Montréal.

1 – Skarlatine a connu General Rudie en 2002, en ouverture d'un spectacle de Chris Murray et des Kingpins, dans le cadre de la tournée All Skanadian. La musique résonnait de façon étincelante à l'intérieur du Café du Palais, à Sherbrooke. Je me suis dit que c'était le meilleur groupe live que j'avais vu depuis un moment. Vous étiez à votre sommet, n'est-ce pas?

«Je n'ai pas l'impression que c'était le meilleur groupe que nous ayons eu, nous venions juste de perdre notre batteur, qui était passé aux Kingpins avant la tournée.»

«Toutes les pièces sont vraiment tombées ensemble en 2004 après la sortie du deuxième album. Nous avions trouvé notre identité sonore et nous étions en confiance lorsque nous interprétions les chansons.»

«Nous avons secoué nos admirateurs au Festival ska de Victoria de même que durant la tournée Warped à Montréal, Québec et Toronto. Nous avons surclassé plusieurs des autres groupes ska à travers l'Amérique du Nord cet été-là.»

2 – Quand vous regardez le chemin parcouru, de quoi êtes-vous le plus fier? Qu'est-ce qui vous donne le plus de satisfaction?

«Voir l'expression sur le visage de nos admirateurs a valu la peine et les épreuves que nous avons traversées. Nous avons gravé notre empreinte sur la scène skanadienne. Si vous deviez écrire un livre au sujet du ska au Canada, vous devriez inclure General Rudie comme l'un des groupes les plus importants.»

3 – Qu'auriez-vous fait de différent?

«Au lieu de se concentrer sur General Rudie seulement durant neuf étés, nous aurions dû nous concentrer à temps plein sur General Rudie pendant trois ou quatre ans. Peut-être qu'on aurait pu faire davantage de cette façon.»

4 – Qu'est-ce que les gens ne devraient jamais oublier au sujet de General Rudie?

«General Rudie n'a jamais eu l'attention des grands médias. General Rudie n'a jamais vendu des dizaines de milliers de disques. Mais pour un petit nombre de personnes, nous étions leur groupe préféré de tous les temps. Cela signifie quelque chose pour moi. À notre dernier spectacle, un admirateur m'a dit que le concert était le meilleur qu'il avait vu, pas seulement le meilleur spectacle de General Rudie, le meilleur spectacle, tous groupes confondus. C'est significatif pour moi.»

«Je reçois des messages électroniques de temps en temps de personnes qui nous disent combien ils nous ont aimés. Un admirateur m'a déjà dit: “Vous faisiez partie d'un des meilleurs groupes de Montréal, sinon le meilleur groupe ska à avoir émergé de Montréal, n'est-ce pas? Je voulais juste vous remercier pour cette bonne musique durant toutes ces années…” Nous recevons constamment des éloges de nos admirateurs sur MySpace. Un admirateur m'a déjà écrit que notre album avait eu une incidence sur sa vie, qu'il espérait partager notre musique avec ses enfants un jour!»

5 – Malgré la séparation du groupe, êtes-vous dans quels projets musicaux que ce soient actuellement?

«Notre dernier batteur, Dennis Lee, fait partie d'un nouveau groupe, Kids Eat Crayons, c'est un groupe très éclectique avec une sonorité déjantée. Notre tromboniste fait maintenant partie d'un groupe ska et reggae nommé Stepper

«Les autres membres de General Rudie sont tranquilles pour l'instant. J'ai quelques idées dans la tête, mais je n'ai pas l'énergie actuellement de les mettre en œuvre.»

6 – Où en êtes-vous musicalement ces jours-ci?

«J'essaie toujours d'écouter de nouvelles choses. Actuellement, j'écoute le nouvel album de Lupe Fiasco. J'ai creusé dans l'univers de Magic Numbers, The Kooks, Bloc Party ainsi que le dernier Jay-Z

7 – Votre intérêt pour le ska est-il toujours vivant?

«Je n'ai pas entendu de ska qui me plaisait depuis un bout de temps. Mes groupes favoris dans l'univers du ska et reggae sont actuellement: The Slackers, Go Jimmy Go et The Debonaires. Ce sont trois groupes qui mériteraient davantage d'attention et de reconnaissance.»

8 – Quels sont les groupes qui ont eu le plus d'influences sur votre style de musique et votre enthousiasme pour former un groupe au départ?

«Au début, j'écoutais les groupes de la troisième vague du ska de la fin des années quatre-vingt-dix: The Scofflaws, Inspecter 7, The Toasters, Planet Smashers et The Kingpins. J'écoutais aussi des groupes de ska traditionnel: The Skatalites, Eastern Standard Time, Skavoovie et The Epitones. À chaque fois qu'un groupe de ska américain venait à Montréal, je rêvais un jour de faire une tournée comme eux, et répondre à l'enthousiasme des admirateurs de musique ska à travers le pays!»

9 – Est-ce que la musique est une façon d'exprimer vos opinions personnelles. Si vous aviez été éditorialistes, quels auraient été vos sujets de prédilection?

«Une quête de justice sociale n'a jamais été le premier objectif de General Rudie. La chanson «Shelter» est la seule dans laquelle nous sommes vraiment sortis et avons pris position dans un dossier comme la pauvreté et l'itinérance. Le clip vidéo est utilisé aux États-Unis par des groupes sociaux qui visitent les écoles pour discuter de ces enjeux.»

«Cependant, si vous écoutez attentivement quelques-unes de nos chansons, vous allez remarquer un certain thème récurrent au sujet du besoin de se conformer à la société. Des chansons telles que «So Much», «Mirella» et «Road Trip», de l'album Cooling The Mark, ou «Payback» de l'album Take Your Place, brossent un portrait ironique de la vie yuppie, de l'inévitable conformité qui survient à mesure que l'on vieillit, de la conformité qui, on le sait bien, nous attend dans le détour.»

10 – Comment est né General Rudie? Combien de temps a duré la patrouille ska?

«General Rudie a tenu sa première répétition vers la fin de 1996 et a donné son premier spectacle en février 1997. Le groupe a fait des centaines de spectacles sur une période d'environ neuf ans.»

«Le groupe est né à partir d'un groupe nommé The Skaptics. Ce groupe fut formé au cégep où j'étudiais. Je fus d'abord recruté comme compositeur. Puis je suis rapidement devenu chanteur. J'ai joué trois spectacles avant la séparation de cette formation.»

«Quelques mois plus tard, j'ai téléphoné aux gars pour recommencer, mais j'ai été en mesure de convaincre uniquement le trompettiste. Nous avons créé General Rudie et le reste appartient à l'histoire du ska

«Merci à tous nos fans à travers le monde de croire au ska et en General Rudie. Vos messages et vœux d'encouragement seront toujours très chers.»

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