Volume 7, numéro 5 — Mai 2007

General Rudie

Phil Dixon

Salut, Général!

Cela va bientôt faire un an que Phil Dixon a annoncé une tournée d'adieu qui allait conduire à la séparation de General Rudie, neuf ans après la formation de la patrouille ska. Cette tournée s'est terminée le 2 septembre, à Montréal, au Café Campus. Skarlatine a demandé au chanteur, saxophoniste et compositeur, de nous parler de cette tournée et des motivations qui ont conduit la difficile décision de cesser les activités de la formation.

1 – Quelques semaines après que la poussière soit retombée, quel est, en rétrospective, votre bilan de la tournée d'adieu?

«La tournée fut grandiose. Nous avons pris le temps de faire toutes ces petites choses que nous avions toujours voulu faire en tournée. Nous avons fait une journée de tourisme à Sudbury et passé une nuit dans une cabane près d'un lac en Ontario. Un soir, nous nous sommes trop saoulés pour jouer dans un bar sans nom. Nous y avons joué sous le pseudonyme Sargeant Ska

2 – Où cette tournée vous a-t-elle menés?

«Nous avons fait les choses simplement, nous avons visité notre noyau principal d'admirateurs à travers le Québec et l'Ontario. Nous sommes allés entre autres à Victoriaville, Québec, Lévis, Trois-Rivières… Nous avons partagé la scène avec Catch 22, Voodoo Glowskulls, Subb et le One Night Band

3 – Y'a-t-il quelques faits saillants que vous devez absolument partager avec nos lecteurs?

«Dire au revoir à nos admirateurs à Toronto fut l'une des meilleures soirées de cette tournée. Nous avons aussi fait une grosse fiesta à Peterborough — Boris s'est fait gifler, des couguars ont tenté de me séduire…»

4 – Comment s'est passé le dernier spectacle? Était-ce bouleversant ou était-ce plutôt une sorte de grosse accolade?

«Le dernier spectacle à Montréal fut formidable. Tout ce qu'on avait pu souhaiter pour un dernier spectacle y était réuni. Tous nos amis, notre famille et nos plus fidèles admirateurs étaient là pour nous dire au revoir. Le club était rempli de visages familiers. C'était une grande soirée de fermeture pour nous.»

5 – Comment en êtes-vous arrivés à faire une tournée d'adieu? Pourquoi vous être séparés à ce moment-ci?

«Il n'y avait pas de mauvais sang entre les membres du groupe. En fait, le groupe actuel était l'un des plus synchro en neuf ans d'histoire. J'en suis simplement venu à la conclusion que je voulais essayer différentes choses dans ma vie. Pour moi, le temps était venu de bouger, de passer à une autre étape.»

6 – Dans une entrevue que nous avons faite en 2005, vous parliez d'une nouvelle direction musicale. Vous creusiez un filon davantage associé à la musique indie rock… Cela a-t-il un lien avec la décision de passer à autre chose?

«Nous avons effectivement écrit quelques nouvelles chansons dotées d'un mélange équilibré d'influences indie, reggae et ska. J'ai vraiement aimé jouer ces chansons durant la tournée et je pense qu'elles auraient fait partie des préférées de nos admirateurs avec le temps. C'est dommage que ce changement de direction musicale soit survenu un peu trop tard, après avoir que j'aie commencé à explorer d'autres aspects de ma vie…»

7 – Selon Buck Hingley (The Toasters), une des choses les plus difficiles dans un groupe n'est pas de percer, mais de durer, d'éviter l'éclatement, puisqu'il est ardu, à son avis, de garder ensemble pour une longue période de temps quatre ou cinq individus avec chacun leurs objectifs personnels et leur propre vision…

«Durant neuf ans, j'ai connu trois bassistes, trois guitaristes, trois trombonistes, deux trompettistes, cinq saxophonistes et sept batteurs. Les membres du groupe ont quitté pour joindre d'autres formations, dont les Kingpins et les Planet Smashers. D'autres ont quitté la ville ou bien ont quitté pour des raisons liées au travail. Ainsi, effectivement, ce fut difficile. À chaque fois que nous commencions à créer un momentum, un membre nous quittait, puis il fallait tout recommencer, encore et encore.»

«J'ai passé le printemps de 2005 à enseigner à notre nouveau batteur et notre nouveau bassiste des chansons que nous avions écrites six ans auparavant et jouées des centaines de fois! C'est très frustrant de grimper sur scène avec un groupe mal préparé, mais, et c'est regrettable, ce fut souvent le cas avec une telle rotation au sein de la formation.»

«Buck nous a appuyés beaucoup vers la fin, mais c'était trop tard. Il nous a même offert un contrat de disques en Europe! Si cette offre était arrivée quelques années plus tôt, qui sait ce qui aurait pu arriver?»

8 – Ai-je tord de penser que les médias de masse n'ont jamais levé le petit doigt pour vous aider à joindre un plus vaste public?

«General Rudie fut toujours ignoré par les médias. Peut-être est-ce en raison du fait que nous n'ayons jamais vraiment donné notre 100%, trop occupés par toutes sortes de projets: les études, le travail… Je ne blâme personne pour notre chute, mais jouer du ska pendant neuf ans et ne pas faire un sou, c'est difficile! Ce fut aussi frustrant de voir d'autres groupes percer pendant que nous continuions à jouer dans les mêmes vieux clubs. N'importe quel journaliste ou reporter qui serait venu à l'un de nos spectacles aurait pu voir que nos admirateurs passaient une soirée incroyable à nous écouter et à danser toute la soirée. En fait, nous pouvions jouer devant un public qui ne connaissait pas le groupe et après le spectacle, il y avait quatre ou cinq jeunes qui venaient me voir en demandant des autographes ou en disant que nous étions l'un des meilleurs groupes qu'ils avaient vus.»

9 – Avez-vous manqué de promotion de la part de votre maison de disques? Avez-vous tourné un bon vidéo pour une chanson moins représentative?

«Stomp aurait pu faire davantage. Mais je pense qu'ils attendaient que nous nous jetions à l'eau et prouvions que nous voulions vraiment. Ils attendait d'un groupe un engagement à 100% envers la cause avant de vraiment donner un coup de main. À leur place, je procurerais aux groupes le plus d'occasions possible de se faire valoir, sinon, c'est comme sauter dans un gouffre obscur… Ce n'est pas la décision la plus avisée.»

«Je pense que la chanson “Chelter” aurait pu obtenir un très gros succès et je suis d'accord pour dire que le vidéo-clip est bon. Il fut joué quelques fois en ondes, mais pas suffisamment pour construire un momentum. La chanson était l'une des favorites auprès de nos admirateurs.»

10 – Vous avez dis que 2001 avait été l'année la plus fertile et que 2002 promettait d'être encore plus excitante et fructueuse dans l'histoire de General Rudie. Quand vous regardez en arrière, êtes-vous encore d'accord avec vous-mêmes?

«En 2002, nous aurions pu emmener les choses au niveau suivant, mais l'ensemble du groupe n'était pas engagé à le faire. Nous étions tous prêts sauf un des membres clés du groupe, qui a refusé de rompre d'autres engagements. Qui sait ce qui aurait pu arrivé si nous avions pris les choses plus sérieusement? À ce moment, nous avions beaucoup d'appui de la part de notre maison de disques et nous avions en main un premier album tout neuf à jouer en tournée, Cooling The Mark

«Lorsque l'enthousiasme autour du lancement de l'album est retombé subitement, l'intérêt pour General Rudie s'est estompé pendant un certain temps. Quand nous avons réalisé notre deuxième album, Take Your Place, en 2004, l'intérêt pour la musique ska était plus bas que jamais et l'album, qui, à mon avis, était largement supérieur, n'a jamais vraiment décollé.»

Le mois prochain, nous allons publier la deuxième partie de cette entrevue, dans laquelle nous avons discuté du parcours artistique de General Rudie.

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