Volume 6, numéro 12 — Décembre 2006
Los Tres Puntos
Dix ans de réclusion!
Enregistré et mixé au Studio Garage par Alexandre Sarrazin, l'album 10 ans ferme! du groupe français Los Tres Puntos propose quatorze titres énergiques.
La musique de Los Tres Puntos sonne comme une tonne de brique, avec des influences perceptibles de Bérurier Noir, Mano Négra, Bad Manners et The Toasters. La formation de dix musiciens s'est offert un troisième album d'une conception sonore et graphique tout simplement impeccable, avec la complicité de l'illustrateur Olivier Gallet.
Le disque commence avec une pièce instrumentale intitulée «Perpetua», qui signifie à juste titre, «réclusion à perpétuité». L'album lancé, Los Tres Puntos enchaîne avec une chanson en espagnole intitulée «Vampiro». Les vampires, dans cette chanson, ce sont les adorateurs du dieu profit, ceux qui alimentent leurs propres intérêts en exploitant autrui.
Dans la troisième chanson, «La chaleur de vos voix», le groupe exécute un riff punk-ska qui décoiffe en faisant un vibrant appel à la solidarité avec des chœurs entonnés à gorge déployée. La chanson suivante, intitulée «¡Por Dios, No Lo Hagas!», nous replonge, au son d'une musique skinhead reggae bondissante cette fois-ci, dans les racines hispaniques du groupe, avec un texte qui dénonce la manipulation des religions.
Les pistes suivantes représentent probablement la partie de la peine d'emprisonnement qui a fait réfléchir le groupe, avec notamment «Les Pieds dans le béton», une comptine fataliste qui dénonce l'indifférence générale et le pillage acharné de la planète. Le groupe enchaîne ensuite «Fire Lips», une pièce instrumentale de shuffle ska, prétexte pour les nombreux musiciens du groupe de s'exécuter en solo et pour un bon rude boy scat!
La chanson «Métro Boulot Dodo» nous ramène, au son d'une musique mod-ska énergique et des chœurs revigorants, aux soucis quotidiens de la vie en liberté, où les repris de justice peuvent s'enliser dans un désert de désirs et s'ennuyer à mourir, pour reprendre les paroles du groupe. La chanson suivante reprend essentiellement le même thème, mais cette fois-ci, en espagnol et avec un sentiment d'urgence et d'affliction encore plus exacerbé.
La chanson «Les Requins Marteaux» ramène un riff punk-ska pour appuyer un texte qui parle essentiellement de la fin qui justifie les moyens. Une autre pièce instrumentale nous permet d'apprécier le savoir-faire des musiciens. Intitulée «The Rest Of The Warrior», cette pièce envoûtante permet à notre esprit de se libérer de ses chaînes et de planer un peu.
On revient brusquement sur terre avec la musique early reggae de la chanson «Le Maquis», qui nous exhorte de joindre les rangs de la résistance. La plage suivante donne l'occasion au groupe de reprendre une chanson de Ludwig Von 88 intitulée «Sur les sentiers de la gloire».
La chanson suivante, intitulée «¿Es una pesadilla?», ramène les racines latines de Los Tres Puntos, qui rappèlent la sonorité des groupes Los Fabulosos Cadillacs, Voodoo Glow Skulls et Los Furios. La chanson dépeint des scènes d'horreur, brosse la fresque d'un exil, le portrait du rêve — ou plutôt du cauchemar — américain.
L'album se conclut sur une note plutôt grivoise avec «C'est l'euphorie!», qui parle d'amour et de sexe dans la roulotte, puisque c'est souvent tout ce dont on peut s'offrir durant dix ans d'incarcération…
Sauter le menu |