Volume 6, numéro 11 — Novembre 2006

L'Histoire du Reggae

Dancehall

Le dancehall représentait une nouvelle génération qui réclamait une musique à laquelle s'identifier après dix ans de culture roots.

Nommé ainsi, car plusieurs enregistrements étaient jugés incompatibles avec les standards de radiodiffusion et, par conséquent, appropriés exclusivement pour les salles de danse, ou dance hall, ce style controversé a métamorphosé pour de bon le reggae.

Le dancehall s'est établi à travers des personnages patibulaires comme Yellowman et General Echo, une tendance à la fainéantise, à la nonchalance et des textes obscènes.

Menée par des D.J. et rapidement numérisée, cette musique de parvenus a semblé exemplifier de façon typique les années quatre-vingt avec le poète dub Mutabaruka, selon qui si le reggae des années soixante-dix était rouge, vert et doré [les couleurs du drapeau éthiopien, terre promise des Rastas], le reggae des années quatre-vingt serait celui des chaînes en or. Cette musique, à laquelle on avait extirpé le message pacifique quasi hippie de la culture roots, a créé un débat passionné parmi les puristes à savoir s'il s'agissait authentiquement de reggae ou non.

Ce n'était cependant pas l'essentiel du débat. Le dancehall représentait une génération d'auditeurs qui réclamaient une musique à laquelle s'identifier après dix ans de culture roots, qui n'avait pas fait grand chose pour changer les conditions de vie et qui avait été adoptée par le courant dominant au point que la nouvelle génération avait l'impression que cette culture ne lui appartenait plus.

Lone Ranger

Lone Ranger, le père du rub-a-dub

C'était la façon pour la nouvelle vague de réagir à la rudesse de son environnement. Cette réaction a inspiré l'impétuosité du hip hop pour exprimer une impatience étrangère au reggae roots. Une approche radicale était requise afin de secouer la culture roots, encroûtée dans un état de suffisance, d'infatuation et de satisfaction apparente. Le dancehall a opté pour une attitude nauséabonde afin de ne satisfaire personne d'autres que les foules des sonos mobiles.

Des producteurs tels que Henry Junjo Lawes et King Jammy ont fait des disques de style D.J. aussi grossiers que le désirait l'audience, avec des disc jockeys comme Yellowman, Josey Wales, Lone Ranger, Eek-a-Mouse et Brigadier Jerry. Ce n'était pas exclusivement une affaire de D.J., mais des chanteurs comme Barrington Levy, Little John, Cocoa Tea et Frankie Paul ont dû se démener pour faire entendre leur voix.

L'évolution rapide de la technologie de sonorisation a joué un rôle important, dans la mesure où les disques pouvaient être produits plus rapidement et à moindre coût. La technologie a grandement facilité l'échantillonnage de rythmes. En retour, ceci a contribué à l'essor de nouveaux talents dans l'industrie du disque, permettant au reggae d'innover pour un bon nombre d'années.

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