Volume 6, numéro 10 — Octobre 2006

Two Tone

Archives cinématographiques

Censé donner un aperçu du phénomène 2-Tone aux plus jeunes, le film Dance Craze s'est avéré davantage un éloge funèbre qu'une célébration…

Jerry Dammers, est le premier à le reconnaître: Mon idée était de reproduire l'atmosphère d'un concert 2-Tone dans une salle de cinéma pour les jeunes qui n'avaient pas l'âge légal pour être admis aux spectacles.

Dance Craze

Joe Massot, un réalisateur américain connu pour le film The Song Remains The Same, de Led Zeppelin, et Wonderwall, de George Harrison, avait vu Madness lors d'un concert en Amérique. Cela l'avait marqué au point de susciter le désir de réaliser un film sur le groupe, mais son fils lui a dit qu'en fait, Madness faisait partie du mouvement plus vaste appelé 2-Tone, se rappelle Pauline Black.

L'ambiance autour du groupe était mauvaise à ce moment, selon Horace Panter. Nous étions en tournée depuis un an et demi: des spectacles dans des pubs suintants, aucun répit, trop de drogues, des séjours à l'étranger. Tout le monde devenait hostile. Jerry changeait la direction musicale, se détournant du ska pour aller vers le MOR. Le groupe était en train de se disloquer.

Dammers ne pense pas que le groupe était en train de se disloquer: C'était l'apogée de la ska-mania, après tout!

On a filmé le groupe The Beat en tournée à Philadelphie, poursuit Horace Panter. On a tourné The Specials au Rotters de Liverpool et au DeMontfort Hall de Leicester, en tournée pour notre deuxième album à l'automne 1980. Je n'ai jamais compris pourquoi ils avaient inséré des images de Madness qui exécutaient des pas de danse en plein milieu du film.

Selon Chris Foreman, les gars de Madness pensaient seulement qu'il devait y avoir quelque chose de plus qu'une succession d'images tournées en concert. C'est la raison pour laquelle nous avons ajouté des danseurs de ballet durant la séquence de Swan Lake.

Les séquences des Selecter furent tournées à Leeds et Glasgow. C'est une vraie honte si vous n'étiez pas là pour témoigner des scènes coupées au montage, car à l'époque du tournage, le public s'adonnait encore au comportement bizarre des punks, qui consistait à cracher sur les membres du groupe. Durant le tournage de Leeds, Gaps a reçu une pluie de liquide buccal au visage, se souvient Black. Il a agrippé le pied du microphone pour frapper un skinhead offensant, mais je me suis interposée. Mon geste d'altruisme m'a valu une coupure à la jambe, si bien que j'ai passé le reste du spectacle à sautiller sur une jambe.

Roddy Byers a tourné le dos au projet: La première représentation avait lieu à Londres, mais la plupart d'entre nous ont omis de s'y présenter. Il y avait tellement de ressentiment que la dernière chose que nous voulions était d'assister à ce lancement.

La presse a mal réagi, selon Pauline Black. La critique était négative parce qu'il n'y avait pas d'entrevues, ni de détails croustillants au sujet des protagonistes. Les images montraient les membres de groupes liés au label 2-Tone, des Noirs et des Blancs qui vivaient ensemble et travaillaient en harmonie, ce qui ne correspondait pas toujours à la réalité. Nous étions des jeunes colériques. La séquence de bataille durant «Too Much Too Young» fut tournée dans un studio de Wembley, selon Black. Cette scène représentait mieux notre comportement plus souvent qu'autrement.

Un an s'est écoulé entre le tournage et la sortie du film, au moment où les Specials étaient sur le point de se séparer, et deux de nos membres avaient quitté le groupe. Tout avait changé.

Horace Panter ironise: Le film ne fut en nomination pour aucun prix, encore moins lauréat de quoi que ce soit, mais la trame sonore a obtenu du succès. Neville Staple ne cache pas son profond désenchantement: Le film fut une déception. Il ne parvint pas à représenter l'énergie des groupes sur scène. C'était désappointant.

Le film était un peu ennuyant, admet Jerry Dammers. Néanmoins, dans une certaine mesure, Dance Craze a atteint son objectif, puisqu'il a permis aux jeunes de voir les spectacles, bien que j'aurais souhaité en voir danser dans les allées, ce qui n'est pas survenu, je crois. La véritable valeur du film aujourd'hui? C'est l'une des très rares archives visuelles du phénomène 2-Tone.

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