Volume 6, numéro 8 — Août 2006

Bob Marley

Revue de presse

Vingt-cinq ans après le décès de Bob Marley, l'univers posthume de cet artiste élevé au rang de figure emblématique de la musique jamaïcaine est toujours d'actualité.

D'abord, en mars commençait le procès qu'a intenté Aston «Family Man» Barrett contre Island, Columbia et la succession de Bob Marley. La plus récente édition du magazine The Beat propose une vue de l'intérieur dans un article intitulé «Is This Love?» Le reportage de Roger Steffens présente quelques témoignages de la tentative de réparation en justice de Family Man pour droits d'auteur non versés, qui a finalement échoué, malgré les contradictions et les trous de mémoire de Chris Blackwell, appelé à la barre comme témoin de la défense.

Les propos de Junior Marvin hors de la salle d'audience nous auront au moins appris la véritable raison pour laquelle Bob Marley a refusé de signer un contrat avec Columbia Records.

Devant le juge, Chris Blackwell a admis que Bob Marley vendait plus de disques aujourd'hui qu'à la fin des années soixante-dix, avant de laisser tomber que les droits d'auteur ne constituaient pas des revenus substantiels (sans dire au tribunal qui accapare la part du lion).

Le 11 mai 2006, 25 ans jour pour jour après la mort de son ami, Family Man apprenait, dans une décision de 172 pages, que ses 23 chefs d'accusation étaient rejetés dans une ordonnance de non-lieu. Il devra rembourser les frais judiciaires encourus par la succession de Marley, c'est-à-dire environ un million de livres. Aston Barrett, qui a déjà perdu sa maison de Miami, est presque acculé à la faillite, à moins que sa cause ne soit portée en appel. À quand le film?

Dans un autre texte, publié à l'origine par le magazine Caribbean Beat, Family Man explique les raisons qui l'ont conduit à se battre en cours contre la veuve et les enfants de son ami, une expérience qui n'a pas été particulièrement gratifiante. (Fait à noter: la biographie de Family Man sur le site officiel de Bob Marley est désactivée au moment d'écrire ces lignes.)

The Beat Magazine

Sur une note davantage positive, dans l'édition à collectionner du magazine The Beat, l'archiviste britannique Glen Lockley présente un disque rare de Bryan Ferry, soit le 45 tours de «Shame Shame Shame» avec «The Price Of Love» en face B. Là où cela devient intéressant, c'est de constater qu'une erreur d'étiquetage a permis au nom de Peter Tosh d'être imprimé en gros caractère sur ce disque, pour la chanson «Legalize It».

Étrange lorsqu'on sait que ce membre fondateur des Wailers n'a jamais signé avec Island Records, une compagnie qu'il méprisait autant que son dirigeant, Chris Blackwell, à qui il reprochait la dissolution de la formation originale des Wailers jusqu'à son assassinat.

Après examen minutieux, il s'avère que le disque soit authentique. L'étiquette mentionne que la chanson est extraite de l'album du même nom (qui sortira finalement chez Virgin), et le numéro de catalogue cité correspond en fait au disque éponyme de Jimmy Cliff (Island Records, 1976).

Bob Marley

Aussi pour les collectionneurs, le photographe Glen La Ferman propose sa collection de portraits intitulée Lost and Last. Bob Marley avait accepté de faire une entrevue avec le magazine Playboy en 1979, mais ni le texte ni les photos n'avaient été publiés. Pendant des années, ces photos furent rangées à l'abri des regards indiscrets. La Fondation Marley fut si impressionnée par son travail qu'elle a acheté tous les négatifs et toutes les diapositives.

La Ferman a toutefois conservé des droits limités sur quatre douzaines de photographies, pour un petit nombre de reproductions artistiques. Le photographe signe, numérote et imprime sur des toiles de 23 pouces ces portraits de Marley, en noir et blanc ou en sépia. Visitez marleyoncanvas.com pour plus d'information.

Toujours en arts visuels, la bande dessinée de Roland Monpierre retrace l'histoire de Bob Marley & The Wailers. Intitulée Bob Marley, la légende des Wailers, cette bande dessinée publiée à 10000 exemplaires aux Éditions Albin Michel brosse un portrait de la Jamaïque avec des personnages plus vrais que nature, dont Coxsone Dodd, Joe Higgs, Lee Perry, Chris Blackwell, Peter Tosh, Bunny Livingston, les frères Barrett… Quinze ans d'histoire résumés en cinquante pages!

Bob Marley, la légende des Wailers

Un défi que relève l'auteur Roland Monpierre, natif de la Guadeloupe aux Antilles. Il a dessiné un premier album sur Bob Marley, en noir et blanc, il y a quelques années. Cette fois-ci, il a eu envie de s'attacher davantage aux Wailers, à cette histoire d'orphelins du ghetto de Trench Town qui se battent pour satisfaire leur soif de reconnaissance.

La suite est prévue en décembre 2007. Monpierre ira en Jamaïque, une île voisine de la Guadeloupe, afin de faire de la recherche, du repérage et certainement dessiner quelques esquisses. Il y a également une exposition des planches originales prévue à Aubervilliers en septembre 2006. Avant Monpierre, l'Américain Gene Colan a dessiné trois albums sur la vie de Bob Marley, dont un n'a jamais été édité. Ces albums sont toutefois introuvables aujourd'hui.

Concrete Jungle: The Music of Bob Marley

Sur disque, le pianiste Monty Alexander vient de sortir un deuxième album hommage, intitulé Concrete Jungle: The Music of Bob Marley (Telarc, 2006). Enregistré à Kingston au studio Tuff Gong avec le saxophoniste Dean Fraser, Luciano et le tromboniste américain Delfeayo Marsalis, ce disque offre des interprétations brillantes de «Simmer Down» et de «Babylon System».

En Afrique, mentionnons la création de bourses d'étude par le Berklee College of Music et la Fondation Rita Marley afin de permettre à quatre étudiants de participer à un programme de formation estival de cinq semaines.

En terminant, pour les anthropologues de la musique, il faut lire un article de Michael Garnice au sujet des racines mento de Bob Marley. Au début des années soixante, les deux styles de mento (une adaptation jamaïcaine du calypso), celui plus rural, plus folk, et celui davantage urbain, le style peaufiné et jazzy, ont altéré le R&B américain pour donner naissance au ska. L'article dresse bon nombre de parallèles entre les chansons traditionnelles de mento et l'œuvre de Bob Marley & The Wailers.

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