Volume 6, numéro 5 — Mai 2006

Toots and The Maytals

L'inventeur du reggae à Montréal

Celui que le livre Guinness des records a qualifié d'inventeur du mot reggae était de passage au Spectrum de Montréal le mois passé, devant une salle comble et animée.

Par Jonathan Béland

Votre humble serviteur s'est dirigé vers la mezzanine pour mieux mesurer l'ampleur du phénomène, pour apprécier le magnétisme de Toots and The Maytals. Là, des effluves de chanvre l'ont d'abord accueilli, avant de se dissiper pour laisser entrevoir la scène illuminée, sur laquelle le Rasta de 58 ans faisait vivre mes chansons préférées, des chansons que j'avais l'habitude d'écouter avec des enregistrements numérisés à partir de bande mono, vraisemblablement pour lesquels le chanteur a empoché moins que rien.

Avant, l'argent était un sujet tabou dans le milieu de la musique, mais aujourd'hui, Frederick Toots Hibbert dénonce les arnaqueurs. Trojan! Que des enfoirés… Ils faisaient affaires avec des producteurs jamaïcains, ont pris mes disques, les ont vendus à Londres, ont fait beaucoup de fric et m'ont refilé des miettes, en monnaie jamaïcaine.

Par exemple, pour un 45-tours qui atteignait la première position des palmarès à l'époque de «Never Grow Old», le producteur remettait environ 2,50$ au groupe: Parfois, cela montant à 3 dollars, pas plus. Ensuite, du moins dans la plupart des contrats d'enregistrement, les revenus de droits d'auteur étaient cédés au producteur, pour la postérité.

Toots n'est guère plus tendre envers Duke Reid (Treasure Isle et Trojan) ou Clement Coxsone Dodd (Studio One): Ils sont morts avec mon argent! Ni envers Prince Buster ou Byron Lee: Je veux qu'on sache que tous ces mecs sont des enfoirés… Il admet cependant que Leslie Kong (Beverley's) était un type sympa: Il essayait de me payer, mais il est mort avant de me rembourser. Il a beau pester contre ceux qui sont devenus riches avec son argent, il est reconnaissant envers Chris Blackwell (Island), notamment pour le disque Toots Live, de 1980: Ce projet d'enregistrement n'était pas du tout prévu. Tout s'est mis en branle la veille. Le disque fut mixé et pressé quelques heures seulement après la fin du concert et était en vente dans toute l'Angleterre dès le lendemain: Ce disque est la meilleure chose que Blackwell ait fait pour moi.

Frederick Toots Hibbert

Né en Jamaïque le 8 décembre 1948, Frederick Hibbert a commencé à chanter le gospel très jeune dans les églises. Il a débuté sa carrière en 1963 en enregistrant chez Coxsone Dodd Downbeat, sur Orange Street, à Kingston. Avec ses deux choristes, Gerry et Raleigh, il a formé The Maytals.

Toots & The Maytals se sont séparé au début des années quatre-vingt, car trop de distance s'était installée entre eux pour communiquer et travailler convenablement, explique Toots, dans une entrevue donnée en 1998: Certains voulaient vivre en Jamaïque, d'autres à Londres. Aujourd'hui, c'est sa fille qui fait les chœurs, avec une autre chanteuse sur scène.

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