Volume 6, numéro 5 — Mai 2006

L'Histoire du Reggae

Le dub

Dénuer le reggae — n'importe quelle sorte de reggae — pour en révéler l'essence et vous vous retrouverez avec la basse et la batterie, le dénominateur commun de cette musique. Mais si vous reconstruisez ensuite, à partir de la basse et de la batterie, avec l'imagination, la créativité et la dextérité absolue de King Tubby, Lee Perry ou Scientist derrière la console de mixage, vous ferez du dubbing.

Né en 1969, l'art du dub est plus complexe que le simple remixage, bien que la culture du remix soit une extension de la dextérité des maîtres du dub, qui redéfinissent une chanson en extirpant ses éléments fondamentaux et les rééquilibrent de façon à donner une signification entièrement différente au produit fini, à l'intérieur des mêmes paramètres de départ. Pour vous en convaincre, devenez témoin auditif du classique de Augustus Pablo/King Tubby, «King Tubby Meets Rockers Uptown»… Au total: trois minutes tordues qui étaient autrefois un lovers rock relaxe de Jacob Miller, «Baby I Love You So».

Le dub s'est développé à Kingston à la fin des années soixante pour répondre aux besoins des D.J., à la recherche d'espace entre les enregistrements vocaux afin de se prêter à l'art du toasting.

On donna le nom de «version» à ces faces instrumentales, mais, grâce au développement rapide des technologies de studio durant les années soixante-dix, où pouvait bien se trouver le défi de simplement retirer ou ajouter les voix?

Les techniques de filtres, de fondus sonores et d'enregistrement à pistes multiples ont permis à n'importe quelles composantes d'une chanson d'être mise en arrière plan ou en premier plan dans le mixe, alors que la voûte de résonance pour l'écho (echo chamber) et l'unité de réverbération ont apporté une toute nouvelle dimension à la façon dont sonnait la chanson à l'origine.

Soudainement, la console de mixage devient l'instrument le plus important du studio, et celui qui peut la manipuler devient la plus grande vedette.

King Tubby, Scientist, Prince Jammy, Joe Gibbs, Errol Thompson, Lee Perry, Mikey Dread, Gussie Clarke… Cette génération de Jamaïcains qui maîtrisaient l'art du dub a pavé la voie aux superstars du remixage d'aujourd'hui, telles que Fatboy Slim, Armand Van Heiden et Masters At Work. Le dub a aussi une influence déterminante sur des groupes tels que Massive Attack, Mouse On Mars et une génération entière de terroristes sonores…

Rub-a-dub

Le style rub-a-dub, littéralement rantanplan d'un tambour, est un genre de musique jamaïcaine né en 1979. Il précède le ragga apparu en 1985 avec un son davantage électronique. Ses principaux porte-étendards sont Yellowman et Ranking Joe.

Avec la musique techno (lounge, house et jungle) des années quatre-vingt-dix, l'influence du dub devient omniprésente. La musique de danse est de plus en plus dominée par les ingénieurs sonores. Cependant, le terme dub désigne une musique qui ne ressemble plus au dub jamaïcain, ni même à du reggae.

Souvent lié à la consommation de chanvre, le véritable dub est habité par un délire musical abstrait, voire surréaliste.

Dans le prochain numéro: Toasting et M.C.

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