Volume 6, numéro 9 — Septembre 2006
Downbeat Soundsystem
Le retour de Studio One
Depuis le décès de Coxsone Dodd, plusieurs albums nous replongent dans l'histoire de la maison de disques Studio One, le premier repaire des amateurs de reggae.
Tribute to Studio One
On dit de ce disque historique qu'il s'agit du dernier projet de Coxsone Dodd avant son décès. Il s'agit aussi de la première réalisation du label maintenant détenu par sa famille.
L'album hommage Tribute to Studio One (Studio One, 2006) reflète à perfection la musique reggae contemporaine, bien que les chansons interprétées soient des classiques de l'âge d'or du reggae. Les harmonies vocales se prêtent aux reprises des grands classiques de Curtis Mayfield, Sam Cooke, The Heptones et The Abyssinians.
Best of Studio One
La série d'albums The Best of Studio One (Heartbeat, 2006) constitue un excellent survol historique de l'une des plus grandes maisons de disque jamaïcaines, et sans doute la plus connue. Ensemble, les volumes 1 et 2 procurent une bonne introduction au sujet de Studio One, le premier repaire des amateurs de reggae du monde entier.
Killer Instrumentals from Studio One
L'album Downbeat the Ruler: Killer Instrumentals from Studio One (Heartbeat, 2006) présente les riddims qui ont servi de bases à un nombre incalculable de succès. Un riddim est un rythme de batterie associé à une mélodie de basse.
La récupération de vieux riddims constitue une dilution de la créativité, selon certains, mais les réarrangements permettent aussi aux nouveaux styles de s'appuyer sur la tradition, ce qui rend les nouveautés plus faciles à assimiler. C'est une façon de reconnecter les toutes dernières innovations au passé.
Ce disque offre dix raisons qui permettent de comprendre la prépondérance des riddims dans l'univers de la musique reggae. Brentford Road All Stars, Jackie Mittoo et Tommy McCook partagent la composition de ces dix classiques de musique instrumentale.
One Love at Studio One
Le groupe le plus célèbre à avoir enregistré chez Studio One est et sera toujours Bob Marley & The Wailers. L'album One Love at Studio One (Heartbeat, 2006) présente quelques-uns des premiers enregistrements de Bob, Peter et Bunny.
C'est en fréquentant les musiciens de Studio One que le trio a perfectionné son art. Les styles gospel, rock, R&B passent tous par la console de mixage avec une dose salutaire de jazz.
La liste de musiciens qui ont enregistré avec le trio inclut tous les membres des Skatalites. Des versions jusque-là inédites comme «Put It On», «Rocking Steady», «Playboy» et «It Hurts to be alone» côtoient les premiers enregistrements ska de Marley: «Simmer Down», «Hooligan Ska», «When the Well Runs Dry» et «Bend Down Low».
Entre deux chansons, les Wailers reprennent une chanson des Beatles, «And I Love Her», encore une fois réalisé sur disque pour la première fois. Ils reprennent aussi le classique de Bob Dylan, «Like a Rolling Stone».
Si vous croyez avoir tout entendu de l'œuvre de Marley, détrompez-vous! La chanson «Diamond Baby» n'a jamais été produites sur disque compact, et le 45 tours de cette chanson est pratiquement introuvable. Quelques chansons, dont «True Confession», n'ont tout simplement jamais été produites.
L'album double compte plus de quarante titres, et le livret comprend pour chacune des chansons des notes historiques de Roger Steffens et Leroy Jodie Pierson, les deux co-auteurs du répertoire The Definitive Discography.
Studio One Soul 2
La rétrospective Studio One Soul 2 (Soul Jazz, 2006) fouille les sources d'inspiration des artistes de Studio One avec des reprises des Heptones (la chanson «Choice of colors» de Curtis Mayfield) et de Horace Andy (avec «Ain't no sunshine» de Bill Withers), et des compositions de Cornell Campbell, Hortense Ellis, Jackie Mittoo, Devon Russell et d'autres artistes influencés par la musique soul des années soixante.
Jamaica Soul Shake
Le groupe maison de Studio One, Sound Dimension, offre une rétrospective de son propre cru, intitulée Jamaica Soul Shake Vol. One (Soul Jazz, 2006), en réunissant sur disques les riddims qui ont servi de trame musicale à bon nombre de succès contemporains.
Ce n'est pas le premier disque où les projecteurs sont braqués sur le groupe étoile de Studio One — cet honneur revient à l'album Soul Defenders at Studio One (Heartbeat, 1991) — mais ce disque-ci est un bon ensemble de classiques du genre et de chansons moins connues de ce groupe précurseur.
Les notes biographiques de Skooby brosse un court portrait historique du groupe. On en apprend davantage sur l'origine du nom et sur quelques histoires de tournée, dont une anecdote lors d'un concert à Londres avec Jimi Hendrix.
Vous allez retrouver «Holy Moses», «Bitter Blood» et «Doctor Sappa Too» parmi les seize chansons offertes sur ce disque double (si vous optez pour la version vinyle).
Soul Vendors Reunion
Avant Sound Dimension, le groupe maison de Studio One était Soul Vendors, qui réunissait entre autres le guitariste Lynn Taitt, le saxophoniste Roland Alphonso et le claviériste Jackie Mittoo. L'album Soul Vendors Reunion: It's Only A History Lesson (Soul Vendors, 2006), réunit la section rythmique originales du groupe: Joe Isaacs à la batterie et Brian Atkinson à la basse.
Avec Ervin Lloyd aux claviers, Winston Bowen à la guitare et Andrew Christian au trombone, la nouvelle mouture des Soul Vendors joue une musique rock avec des tempos contemporains sur les titres «Gun Man» et «Life and Time». La musique s'apaise toutefois sur des reprises contemporaines du répertoire traditionnel, telles que «I'll Get Along Without You» et «My Conversation», de Slim Smith, puis le groupe reproduit le style original sur des pièces instrumentales tout simplement formidables: «Star», «Vendors Touch» et «Vendors Return». L'un des points forts du disque est la chanson de Desmond Dekker intitulée «Respect Your Mother and Father», exécutée avec brio par le chanteur Alton Ellis.
Le seul regret, c'est que le guitariste Lynn Taitt, retenu à Montréal, n'ait pas contribué à cette belle leçon d'histoire, produite quelques années après le décès de Roland Alphonso et de Jackie Mittoo, mieux connus pour leur travail avec The Skatalites.
Des segments d'entrevue entre les chansons remplissent la promesse du titre, en procurant une véritable leçon d'histoire aux auditeurs de ce disque.
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