Volume 6, numéro 4 — Avril 2006

Go Jimmy Go

Une sensation tropicale qui réchauffe la scène

Le 23 janvier, la tournée Ska Brawl s'est arrêtée à Montréal, avec le groupe The Toasters et la sensation hawaïenne Go Jimmy Go.

Cet événement était présenté au Petit Campus dans le cadre de la série des jeudis ska produits par Stomp Records, un incontournable de la saison hivernale. C'était la première tournée de Go Jimmy Go au Canada. Skarlatine a rencontré les membres du groupe juste avant qu'ils ne grimpent sur scène.

(Les réponses aux questions ci-dessous proviennent de divers individus, mais nous les rapportons de façon collective pour des raisons de simplicité et de concision.)

1 – Parlez-nous de votre plan de tournée actuelle?

«C'est amusant, car puisque nous sommes d'Hawaï, nous avons dû voler plus de 40 000 km jusqu'à Los Angeles. Ensuite, nous avons fait un crochet jusqu'à New York pour la première de la tournée Ska Brawl avec The Toasters

«C'est une distance d'environ 8 000 km. Nous avons donné un spectacle au Knitting Factory de New York, où nous avons joué avec The New York Ska Jazz Ensemble et The Bluebeats… C'était un concert de ska gigantesque. Actuellement, nous sommes sur la route depuis environ une semaine et nous voici à Montréal, au Canada.»

2 – Comment avez-vous choisi le nom du groupe?

«Le type qui a trouvé le nom du groupe s'appelle Larry Gordon Junior. Il était notre ancien chanteur et notre joueur de saxophone alto. Il a rassemblé les membres originaux du groupe.»

«La plupart des noms proposés étaient bons pour la poubelle, du genre vraiment mauvais. (Rire…) L'avant-dernier était Go Jimmy Go. C'était le moins farfelu de toute la liste. Comme nous ne voulions pas éterniser cette rencontre, nous nous sommes mis d'accord. Il s'est avéré que nous avons commencé à jouer de la musique ensemble et à faire des spectacles.»

«Après que tout le monde eut commencé à nous demander: “Qui est Jimmy?” Nous avons répondu que “Jimmy est notre ancien chanteur, Larry!” En fait, le nom vient de celui qui a formé le groupe, mais son nom est Larry! (Rire…) Ç'a l'avantage de faire une meilleure histoire de toute façon…»

3 – Êtes-vous déjà allé en Jamaïque? Avez-vous pris le train de Kingston à Montego Bay?

«Non, pas encore. Peut-être pour le prochain album… Nous allons l'enregistrer là-bas! Studio One — nous voici!»

4 – Muscialement, est-il possible d'établir une relation de parenté entre la Jamaïque et Hawaï?

«Oui, bien sûr. Puisque nous vivons sur une île, nous ajouter cette ambiance tropicale à notre musique. Mais le plus important, c'est l'attitude, un sentiment décontracté d'insouciance et de nonchalance avec lequel plusieurs d'entre nous avons grandi en vivant sur une île.»

«La première chanson que j'ai écrite, je l'ai écrite sur une plage en pensant aux bons moments.»

«De toute façon, Hawaï est une mosaïque culturelle. Ainsi, notre culture est un amalgame d'autres cultures du monde entier. La notion de mélanger quelque chose avec des influences externes ne nous est pas étrangère.»

5 – De quel île êtes-vous originaires au juste?

«Nous sommes tous de l'île de Oahu, dont la capitale est la ville de Honolulu. La ville la plus célèbre, celle que tous connaissent, évidemment, est Waikiki…»

6 – Ayant grandi sur une île tropicale, quelle est cette étrange idée de faire une tournée au Canada durant l'hiver?

«C'est la tournée la plus froide que nous ayons fait! C'est notre première tournée hivernale. Vous savez, nous avons un tempérament tropical, nous ne sommes pas faits pour un climat glacial comme celui-ci… En se rendant ici, nous avons vu un lac gelé avec des gens qui pêchaient sur la glace… C'est dément pour nous!»

7 – En fait, c'est un hiver étrangement doux, peut-être à cause du phénomène de réchauffement climatique…

«Je ne te crois pas… Quoique nous ayons vu des gens en bas des escaliers qui fumaient leurs cigarettes dehors, devant le club. Je ne peux pas y croire!»

«Notre chanteur a tenté de faire un bonhomme de neige près de New York, mais sans savoir comment s'y prendre. Alors il a juste commencé à agglutiner des balles ensemble. Il n'a jamais réalisé qu'il pouvait faire rouler une boule sur le sol pour la rendre de plus en plus grosse. Nous étions en train de manger dans un restaurant, et la serveuse l'a vu faire cet homme de neige en s'y prenant totalement de la mauvaise façon. Elle a éclaté de rire, puis a dit: “vous n'êtes pas d'ici, n'est-ce pas?” Nous devons admettre que nous n'avons aucune éducation dans le domaine des hommes de neige! (Rire…)»

(Note: en fait, la nuit où nous avons fait l'entrevue était l'une des plus glaciales de toute la saison hivernale, qui autrement était plutôt douce. Rendons leur justice pour avoir fait preuve d'autant de courage!)

8 – Comment décrivez-vous votre musique?

«Disons qu'à la base, il y a cette mentalité qui nous permet de réunir n'importe quelle influence pour composer une musique de danse. C'est du ska, du rock steady, du reggae, du soul avec une texture insulaire. Je pense que nous sommes très critiques au sujet de notre musique et de nous-mêmes parce que nous voulons faire la meilleure musique possible. Nous écrivons à propos des choses que nous connaissons, ce qui signifie vivre à Hawaï, et pas grand-chose d'autre.»

«Nous racontons des histoires dans nos chansons. Nous avons, par exemple, une chanson au sujet de la vie en tourné, inspirée de notre expérience sur la route l'an passé. Le sujet de nos chansons porte sur nos propres expériences et à quel point il fait bon vivre sur une île.»

9 – Q'avez-vous à dire au sujet du plus récent album?

«Le nouvel album est soul à 100 pourcent. Ce disque époustouflant va vous déchausser, il va faire en sorte que vous allez vous dénuder en l'écoutant… La musique a du soul, mais les chansons empruntent de nombreuses influences, du ska au reggae en passant par le rock steady

«Nous avons passé l'année précédant l'enregistrement en tournée. Lorsque nous sommes sur la route, nous chantons à propos de notre chez-soi et des choses qui nous manquent le plus. C'est ce qui a donné naissance à plusieurs des chansons qui se retrouvent sur le disque, et c'est pourquoi l'album est intitulé The Girl With The… Fishbowl Eyes. Vous savez, c'est la façon dont nous décrivons Hawaï: une splendide fille de l'île avec de grands yeux et comme toile de fond une plage magnifique caressée par le soleil. C'est de cette façon que nous imaginons Hawaï et les endroits qui nous manquent tellement lorsque nous sommes sur la route. Il s'agit d'un album très personnel.»

10 – Est-ce qu'il vous arrive de faire des reprises, des adaptations ou de l'échantillonnage dans vos chansons?

«Nos trois albums sont tous originaux. Il n'y a pas de reprises. C'était l'idée dès le départ, nous sommes restés fidèles à notre ambition de faire de la musique originale, parce que nous nous sommes dit que ce serait ce que nous serions en mesure de faire le mieux. En fait, notre objectif initial était d'avoir une voix originale, d'avoir un son original. C'était évident dès le début.»

11 – Quels sont les groupes qui ont eu la plus grande influence sur votre style de musique?

«Eh bien, nous avons tous des influences différentes. C'est en quelque sorte ce qui rend nos chansons uniques. Certains d'entre-nous apprécient la musique soul old-school, d'autres aiment le punk-ska, d'autres préfèrent le ska antillais, et cela va même au-delà de la musique ska: n'importe quoi de Desmond Dekker au Sex Pistols en passant par le métal. Il n'y a pas de limites…»

12 – Quel genre de public y a-t-il à Hawaï?

«À Hawaï, c'est plutôt différent parce que nous sommes originaires d'un endroit relativement petit, d'une place insulaire. Sur l'île principale, Oahu, il y a moins d'un million d'habitants… Nous n'avons pas de scène ska, mais la scène reggae est vraiment énorme!»

«Nous avons tout de même un bon public à Hawaï, un public fidèle, et nous l'apprécions. Les gens se pointent aux spectacles parce qu'ils aiment la musique live, ils aiment la bonne musique et ils aiment passer du bon temps. C'est l'essentiel. Ce peut être n'importe qui: des surfers, des skaters, des punk rockers… Il n'y a pas de cliques à Hawaï. Lors d'un concert à Hawaï, vous pouvez voir un groupe ska qui joue avec un groupe punk et un groupe rockabilly ou un groupe hip-hop

13 – Pouvez-vous nous parler un peu de MoonRoom Records?

«MoonRoom Records est une maison de disques située à Hawaï et détenue par Michael Spengler, qui est un de nos amis. Lorsque nous avons examiné la possibilité d'enregistrer notre deuxième album, Soul Arrival, il nous a exprimé le souhait de manier la console. Nous avons enregistré quelques pistes avec lui, et cela s'est avéré très bon pour tous. Il nous traite bien, fait en sorte que nos disques sortent et soient distribués. Il nous procure tout ce dont nous avons besoin comme groupe. Nous avons discuté de futurs projets d'enregistrement, qui se concrétiseront lorsque nous serons prêts. C'est un type vraiment amusant.»

14 – Un dernier mot pour nos lecteurs, avant de monter sur scène?

«Venez nous voir en Europe et au Japon plus tard cette année et visitez notre site Web: gojimmygo.com… La température est frigorifique ici. Qu'est-ce qui se passe? C'est une blague cruelle ou quoi! Nous n'arrivons pas encore à y croire!»

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