Volume 6, numéro 2 — Février 2006

L'Histoire du Reggae

Le Ska

Le ska est la musique exubérante et tapageuse qui résume à la perfection l'esprit de la population des années soixante, qui voulait, à l'aube de l'indépendance, exprimer son identité jamaïcaine avec le plus d'enthousiasme possible.

Même sans l'indépendance, l'apparition du ska à ce moment-là de l'histoire n'aurait pas été surprenante. Les propriétaires des «systèmes de son» de Kingston tournaient leur propre version du rhythm and blues (R&B), le boogie jamaïcain ou shuffle, spécialement enregistrée pour eux, mais les musiciens locaux qu'ils embauchaient étaient des mordus de jazz, toujours à l'affût de nouveaux moyens pour s'exprimer.

Ce n'était qu'une question de temps avant que l'équilibre des choses ne se renverse. C'est exactement ce qu'ont fait Prince Buster et Clement «Coxsone» Dodd. À la recherche de nouveaux sons pour électriser les foules dans les salles de danse, ils ont changé l'accent du R&B: du premier et du troisième temps dans la mesure vers le deuxième et le quatrième temps, créant le style syncopé (offbeat) qui est devenu, à partir de ce moment-là, la marque de commerce de la musique jamaïcaine.

Le groupe pivot du ska était The Skatalites, un collectif de musiciens dirigé par la section de cuivres. Plusieurs d'entre eux avaient une formation musicale acquise de façon classique à l'Alpha Boys School, une école de réforme (et un orphelinat) catholique de Kingston encore réputée aujourd'hui. Ils ont abordé leur tâche comme s'ils faisaient partie d'un grand orchestre de jazz des années quarante–cinquante, avec une section rythmique disciplinée et bien synchronisée, ce qui permettait aux solistes de faire valoir leur virtuosité.

L'objectif était de stimuler les danseurs jusqu'à la frénésie, tout en gardant le rythme afin que personne ne perde pied. Lorsque les Skatalites étaient réunis sur scène, c'était virtuellement impossible de rester en place, tant les joueurs comme Tommy McCook (saxophone), Roland Alphonso (saxophone), Dizzy Moore (trompette) et le grand génie de la musique jamaïcaine, Don Drummond (trombone), propulsaient la musique dans la stratosphère. De même, lorsque Prince Buster planait sur les succès «Al Capone», «Madness» ou «Wash Wash», le niveau d'exaltation atteignait son apogée.

Le ska revival

En tant qu'ultime musique de bon temps (énergique et rebelle), le ska était le choix évident pour s'unir à la scène punk britannique. La renaissance du ska a vu le jour à Coventry à la fin des années soixante-dix. C'est là que Jerry Dammers a établi sa maison de disque, Two Tone Records, et qu'il a formé son groupe, The Specials. Les adeptes du ska étaient parés de la mode originale des rude boys des années soixante — costumes de laine fine (usagé), verres fumés et chapeaux en feutre rond (porkpie hat). Ce style vestimentaire et la thématique «noir et blanc» de Dammers furent l'emblème d'une scène qui a lancé Madness, The Beat… et Bad Manners.

Par la suite, partout dans le monde, mais surtout aux États-Unis, au Canada et au Japon, le ska s'est revigoré, et c'est encore possible de trouver des répliques parfaites du style jamaïcain du début des années soixante.

Dans le prochain numéro: Le Rock Steady.

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Scène

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