Volume 5, numéro 7 — Juillet 2005
The Planet Smashers
De nouvelles munitions
Le nouveau disque des Planet Smashers n'est peut-être pas celui que l'Histoire va retenir — difficile, en effet, de surpasser le formidable Mighty — mais le groupe de Montréal se donne des munitions pour une autre série de spectacles.
Par Jonathan Béland
Produit par Chris Murray et réalisé par Rod Shearer, l'album Unstoppable (Stomp Records, 2005) contient quatorze titres qui séduisent par leur efficacité. Le disque débute en force avec la chanson titre, «Unstoppable», un hymne à la poursuite de ses ambitions, une ode anti-abnégation. Puis, sans avertissement, on se précipite dans le vide avec «Bullets to the Ground» avant de planer sur la stupéfiante «Cool Your Jets».
Avec ce nouvel enregistrement, le groupe a l'intention d'élever ses standards. Peu de temps avant la sortie de l'album, sa maison de disques promettait une autre dose d'énergie frénétique, des propos qui rendent accro et l'humour ironique qui a pavé la voie des Planet Smashers sur la route. Quelques semaines après le lancement au Café Campus de Montréal, voici venu le temps de mesurer la justesse de ces déclarations.
Chose promise, chose due
En ce qui concerne l'énergie et les propos, il faut leur donner raison. Cependant, pour ce qui est de l'humour, on doit admettre que les textes en sont, pour la plupart, dépourvus. Bien sûr, les membres du groupe, eux-mêmes, n'ont pas perdu leur sens de la dérision, mais ce n'est pas autant perceptible dans les textes qu'auparavant.
En effet, s'il y a humour, c'est dans le non-dit, dans l'attitude. Sur l'album Unstoppable, on ne retrouve pas de textes empreints de «maturité» ou de «sagesse», comme on en retrouvait sur l'album éponyme, avec des titres comme «Janice» ou «Pee in the Elevator» et des propos tels que My neighbour I hate her / You'd better watch what's in the elevator
. De toute façon, faut-il préciser que les Planet Smashers sont avant tout d'excellents musiciens? Et non pas seulement une bande de farceurs, même s'ils gardent malgré tout l'esprit à la fête avec une chanson à boire comme «Raise Your Glass», pour laquelle les gars de Big D and the Kids Table ont réalisé un démo clip diffusé avec la complicité de Union Label Group.
Comme tous les albums des Planet Smashers, à l'exception de No Self Control, ce disque propose une pièce instrumentale. Cette fois-ci, «Blank Stare» — prétexte pour un duo avec le tromboniste Andrew Lattoni et le saxophoniste Neil Johnson — est la pièce que je préfère sur le disque. Non seulement ce mobster ska offre-t-il un moment de répit, ce qui contribue à démarquer les autres chansons de l'album, mais il transporte l'auditeur dans un univers musical que les Planet Smashers avaient peu exploré en dix ans. Si Skarlatine était encore diffusée en ondes, nous le mixerions volontiers avec «Jack Ruby» * des Kingpins (sur l'album Let's go to work).
Levons notre verre aux Planet Smashers pour cette livraison de nouvelles pièces et pour avoir relevé avec brio le défi de durer plus longtemps que les Beatles!
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