Volume 5, numéro 5 — Mai 2005

Lorraine Muller

Une évolution musicale

Lo and the Magnetics

Lorraine Muller
(Photo: Marie-Lyne Baril)

Skarlatine a rencontré Lorraine Muller, chanteuse de Lo and the Magnetics, lors de la rentrée montréalaise du groupe au Café Campus. Voici la transcription intégrale de cette entrevue.

1 – Peux-tu nous présenter brièvement les membres du groupe?

«Notre excellent percussionniste, Mike Gasselsdorfer, jouait à l'époque avec General Rudie. Il est venu à notre secours en 2001 quand Éric Boulanger a quitté les Kingpins. Il nous a d'abord donné un coup de main en remplaçant Éric pour quelques concerts. Puis, il nous a honoré de son talent de façon permanente!»

«Le bassiste qui joue présentement avec nous, Mitch Gírio, est aussi notre producteur. Il a produit Let's go to work et Plan of Action des Kingpins et, bien sûr, le nouvel album.» (NDLR: Russ Cooper a quitté le groupe après l'enregistrement de l'album.)

«Le guitariste, Chris Raz, a été recommandé par le batteur. Il jouait dans Went To Paris, un groupe ska de Montréal, et parfois avec General Rudie

«Le saxophoniste, comme les autres musiciens d'ailleurs, est tombé du ciel. J'ai demandé à Arsenik 33 de me recommander un saxophoniste. C'est Dan Meier qui m'a été présenté, et je suis très contente.»

2 – Quelle est votre démarche artistique?

«Des squelettes de chansons sont d'abord écrits individuellement. Nous travaillons ensuite les arrangements en groupe. Chaque note est étudiée pour créer les effets émotionnels qui vont mettre en valeur ce que nous apprécions dans la musique.»

3 – Comment fonctionne votre processus d'écriture?

«La plupart du temps, je discute avec Mitch de mes émotions sur un sujet, puis il traduit ce que je ressens en belles paroles. C'est à partir de mes propres sentiments que débute le processus de création. Mitch va y puiser l'essentiel afin de donner aux textes une certaine universalité.»

4 – Qui dit émotion dit souvent musique de fille… Il y a parfois une connotation péjorative associée aux groupes de fille; beaucoup ont de la difficulté à percer, sinon à durer. Ressentez-vous cette difficulté?

«Je n'ai jamais réfléchi à tout ça. Peut-être que cette difficulté existe, mais ça ne nous concerne pas directement en tant qu'artistes. Ce qui importe, c'est de créer. Le public est libre de recevoir notre création ou non, comme il est libre de son opinion.»

5 – Êtes-vous anti-commercial? C'est-à-dire, êtes-vous conscients que vos chances de tourner sur les ondes sont minces, sinon quasi-inexistantes? Quelle est votre réaction face à toute cette indifférence des médias ou cette absence d'originalité et de variétés chez les diffuseurs?

«Je n'arrêterai jamais de faire ce qui me passionne. Je ne ressens aucune passion pour tout ce qui est commercial en ce moment… Heureusement que cette question en est une qui me traverse rarement l'esprit lors de la création. Sinon, il faudrait en faire une dépression!»

«Je crois vraiment qu'un jour le public […] criera des plus hautes montagnes qu'il en a assez de cette soupe qui ne goûte rien!»

Lorraine Muller

«De toute façon, plusieurs D.J. n'hésitent pas à jouer nos chansons. La preuve? Claude Rajotte fait souvent tourner «Tachée» sur les ondes de Bande À Part…»

«Nous savons tous que la seule façon d'avoir une chanson en rotation à la radio, c'est que le public en fasse la demande. Encore faut-il que le public veuille changer ce qu'on entend sur les ondes radiophoniques! Je ne comprends pas que l'on puisse nous faire passer les même seize chansons jour après jour après jour… Moi, j'en ai ras le bol.»

6 – Est-ce que l'originalité est en train de s'éteindre dans les médias, à la manière de la biodiversité, en train de décliner à mesure que disparaissent des espèces encore inconnues de l'Homme sur la planète?

«Je suis plutôt optimiste. Je crois vraiment qu'un jour le public va se faire entendre, car il criera des plus hautes montagnes qu'il en a assez de cette soupe qui ne goûte rien! Mais à quand cette révolution?»

«Je ne comprends pas que l'on puisse nous faire passer les même seize chansons jour après jour après jour…»

Lorraine Muller

«J'attends avec impatience d'entendre ces voix au loin qui demandent une plus grande variété. Pourtant, nous l'avons. Il suffit de syntoniser les radios collégiales ou les ondes de Radio-Canada pour des émissions comme Bande À Part et Brave New Waves

«Une chose dont je ne doute pas, c'est que nous vivons actuellement une période suffocante en ce qui concerne la musique populaire. J'ai bien hâte de retrouver un équilibre plus humain… et plus vivable.»

7 – Comment s'est passé votre séjour en Europe?

«Nous avons surtout joué lors de spectacles ska et nous avons rajouté un élément différent à chacune de ces soirées. Le public nous a très bien accueilli, malgré toute préconception. Nous en étions parfois surpris, mais le plus souvent, nous avons simplement fait ce que nous aimons. Nous avons joué dans des salles remplies à craquer, ainsi que des petits cafés, et l'ambiance, nous avons toujours su la maximiser!»

8 – Pourquoi la chanson «Pull it All Apart» est-elle votre premier choix de vidéo?

«Cette chanson parle du courage que ça prend pour remettre en question le passé, l'accepter et poursuivre sa route. Nous avons choisi ce morceau parce qu'il représente ce qu'on a fait avec le groupe — le changement de nom, etc. — et parce que le titre de l'album est en partie tiré des paroles

9 – Quelle chanson suscite le plus de fierté sur l'album? Pourquoi?

«La chanson la plus difficile et bouleversante pour moi en tant que chanteuse fut «Greatest Hits». Longtemps après l'enregistrement, je ne voulais même pas l'écouter. J'y ai mis un grand morceau de mon cœur et, pour cette raison, je suis très fière d'avoir fait confiance à mes musiciens et à mon équipe d'enregistrement, qui ont tous cru en moi… Le résultat est une chanson d'amour des plus déchirantes.»

10 – En terminant, comment as-tu aimé le lancement?

«Je n'ai que de beaux souvenirs de cette soirée magique. Nous avons donné toute notre énergie pour que ce lancement soit une réussite, et je suis très fière de son déroulement… Chacun de nos objectifs s'est concrétisé; le public, la musique, le son, l'éclairage, la couverture médiatique, le groupe, l'ambiance, la famille, les amis: tout!»

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