Volume 5, numéro 4 — Avril 2005
Voodoo Glow Skulls
Endurcis à l'os!
Nous revenons ce mois-ci sur le septième album de Voodoo Glow Skulls, en magasin depuis le 7 novembre dernier.
Cuivres fulgurants, guitares grinçantes, grognements gutturaux: voilà ce à quoi nous convie Voodoo Glow Skulls sur cet album hardcore.
Le noyau du groupe depuis ses débuts est constitué des trois frères Casillas, Frank (voix), Eddie (guitare) et Jorge (basse), auquel s'est greffé le batteur Jerry O'Neil et le tromboniste Brodie Johnson. La formation actuelle se prévaut d'une section de trois cuivres pour la première fois en six ans, avec l'addition du trompettiste Gabriel Dunn et du saxophoniste James Hernandez.
Intitulé Adicción, Tradición y Revolución (Victory Records, 2004), ce disque autoproduit fut enregistré dans le studio du groupe (Dog Run Studios). Explications de Frank Casillas:
«Adicción fait allusion à nos sentiments à propos de la musique. Des amateurs de hardcore considèrent que notre musique rend accro… Tradición fait allusion à notre famille musicale, ensemble depuis si longtemps, sans vraiment avoir changé. Aussi, nous avons toujours essayé d'insuffler à notre musique notre patrimoine latin, soit en composant des chansons en espagnol, soit en incorporant des idées musicales avec lesquelles nous avons grandi. Finalement, Revolución, parce que nous avons toujours essayé d'éviter les tendances — nous sommes une révolution en quelque sorte puisque notre musique est unique, même difficile à imiter.»
Les textes portent la signature de Frank et Eddie. C'est le fruit d'une étroite collaboration qui passe par toute la gamme des sujets: de la parodie désopilante de l'amie de Jerry sur «Dee Dee Don't Like Ska» au commentaire politique sur «We Represent», par exemple.
«En faisant des tournées dans les endroits perdus où nous sommes allés, il est arrivé que nous soyons les premiers Américains que les gens rencontraient directement… La rétroaction négative au sujet du gouvernement américain est pratiquement universelle; c'est troublant.»
L'album commence avec «Ghetto Blaster», qui porte une accusation contre l'industrie musicale, soutenue par des corporations qui alimentent et assujettissent les masses.
Dotée d'une rythmique rocksteady, la chanson «Smile Now, Cry Later» se démarque en permettant de ralentir un peu le tempo, avant d'accélérer et d'élever encore plus le niveau de décibels jusqu'à la fin.
Chaque album de Voodoo Glow Skulls contient une reprise, et celui-ci ne fait pas exception: la plus récente est une version ska de «Used To Love Her», de Guns N' Roses.
En seize ans d'existence, Voodoo Glow Skulls a une impressionnante liste de réalisations: sept albums, un million de disques vendus, des présences dans des endroits exotiques comme le Brésil ou le Japon, la création d'un studio d'enregistrement, d'un label et d'un magasin de disques.
Sa musique atteste la remarquable créativité et l'énergie du groupe. Formé en 1988, le groupe a fusionné le hardcore, le punk, le ska traditionnel, des riffs de guitare agressifs et la musique mexicaine de leurs racines afin de créer un prototype pour le ska-core de la côte Ouest. Ils ont eu et ont encore une influence sur un grand nombre de groupes, dont Sublime et No Doubt.
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