Volume 5, numéro 2 — Février 2005

Bob Marley

Commémoration du soixantième anniversaire de naissance de Bob Marley

Pendant le mois de février, des concerts, des expositions et des conférences sont organisés à Addis Abeda et à Shashemene (Éthiopie) pour célébrer le soixantième anniversaire de naissance de Bob Marley.

Sous le thème «Africa Unite», les célébrations commenceront le premier février et culmineront le 6 avec un concert gratuit sur la grande place d'Addis Abeda, Meskel Square. Ce mois de commémoration permettra de lancer une collecte de fonds pour des œuvres de charité grâce à la vente de CD et de DVD du concert.

Controverse

L'épouse de Bob Marley avait annoncé le mois passé son intention d'exhumer le corps de l'artiste enterré en Jamaïque pour ensuite le transférer dans sa «résidence spirituelle», l'Éthiopie.

Bob Marley

Selon la veuve de Marley, les autorités religieuses et gouvernementales d'Éthiopie avaient apporté leur soutien au projet de transférer les restes du chanteur à Shashemene, à environ 250 kilomètres au sud de la capitale, Addis Abeda, où vivent des centaines de Rastas depuis que le dernier empereur d'Éthiopie, Haïlé Sélassié, leur a octroyé une concession au début des années cinquante pour les remercier de leur soutien pendant l'invasion italienne.

L'œuvre entière de Marley a été consacrée à l'Afrique, et non à la Jamaïque, clame l'ancienne choriste des Wailers, Rita Anderson, qui a connu le compositeur alors qu'elle faisait partie du trio des Soulettes. Selon elle, Bob, qui considérait Haïlé Sélassié comme Dieu, a le droit d'avoir sa dépouille enterrée là où il l'aurait souhaité.

Néanmoins, la choriste a visiblement dû se rétracter. Selon la rumeur, Cedella, la mère de Marley, une chanteuse de gospel qui n'a jamais vu d'un bon œil la ferveur de son fils pour le mouvement rastafari, se serait opposée à cette exhumation.

Chose certaine: aucun corps ne sera exhumé, et Rita Marley refuse de s'adresser aux journalistes depuis la publication de cette information par une agence de presse américaine.

Ras Tafari

C'est pendant que Marley avait dû se rendre aux États-Unis pour gagner de quoi nourrir l'enfant qu'attendait son épouse et pour acheter des instruments de musique (trop rares sur l'île) qu'a eu lieu la visite officielle en Jamaïque de l'empereur, Ras Sekou Sankara Tafari, sacré Haïlé Sélassié en montant sur le trône d'Éthiopie. Ce descendant direct de Salomon est considéré par les Rastas comme l'incarnation du Tout-puissant annoncée dans l'Apocalypse.

La visite du «Rois des rois» a l'effet d'une bombe en Jamaïque; la communauté rasta décuple. Sélassié est lui-même surpris par la dévotion des ces marginaux, qui voient en lui le messie, ce qu'il a pourtant toujours nié.

Au moment où disparaît Haïlé Sélassié au milieu des années soixante-dix, Bob lui dédit une nouvelle chanson, «Jah Live».

Avec «War» (1976), il mettra en musique le brillant discours de l'empereur prononcé à l'Organisation des Nations unies à Addis Abeda en 1963 à la suite de la création de l'Organisation de l'Unité africaine.

En 1978, Marley se rend en Éthiopie à Shashemene, la communauté rasta installée sur les terres offertes par Sélassié aux Afro-américains. C'est là que le compositeur écrit la chanson «Zimbabwe», qu'il interprétera le 17 avril 1980 lors des fêtes d'indépendance du nouveau pays (anciennement Rhodésie) en présence du président Mugabe et du Prince Charles.

Son engagement spirituel sera immortalisé sur d'autres pièces comme «Thank You Lord», «Africa Unite», «Iron Lion Zion» et «Rastaman Vibration».

L'unique star issue du tiers-monde a trimé dur avant d'atteindre le succès à la fin des années soixante-dix (sans mentionner son monumental succès posthume); seulement vingt-quatre exemplaires de la pièce «Selassie is the Chapel» avaient été fabriqués, dont la moitié exportée en Éthiopie.

Héritage

Nesta «Bob» Marley est né le 6 février 1945 à Rhoden Hall, près du village rural de Nine Miles au nord de la Jamaïque. Il est décédé en 1981 d'un mélanome (cancer de la peau) en pleine gloire. Avant de mourir, Marley a pris le temps d'enregistrement son testament musical, «Redemption Song», interprété seul à la guitare acoustique. Il lègue à la postérité une œuvre colossale.

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