Volume 9, numéro 4 — Avril 2009

Les Colocs

Une voix n'est pas coutume

Vous en avez certainement entendu parler: d'un côté, les critiques dithyrambiques, de l'autre, les critiques vitrioliques.

Le malaise qu'éprouve l'entourage de Dédé Fortin et des Colocs à l'égard de la réalisation d'un film sur l'histoire tragique de ce groupe est légitime. Cela dit, après avoir vu le film, Skarlatine est d'avis qu'il s'agissait d'une nécessité, non seulement pour rappeler à un public trop jeune l'importance de ce groupe de musique sur la suite des choses et aussi pour rendre hommage à l'œuvre d'André Fortin.

Dans les deux cas, les producteurs, Roger Frappier et Luc Vandal, ont réussi leur pari grâce à la réalisation de Jean-Philippe Duval.

On a entendu certains critiquer les inexactitudes historiques, notamment en ce qui concerne la chronologie des événements. D'autres ont rappelé que Dédé était allergique au système, une aversion perceptible dans ses chansons «Passe-moé la puck» et «Pis si ô moin». Peut-être, mais les raccourcis chronologiques étaient nécessaires. Il s'agit d'un film, pas d'un documentaire! Et concernant l'aversion de Dédé au vedettariat, disons qu'elle est tangible dans le film.

Yan Rompré

Le film qui, d'ailleurs, s'ouvre de façon magistrale dès le générique avec «Belzébuth», n'essaie pas d'expliquer la chute du chanteur. Quelques indices sont placés çà et là. On laisse entendre qu'une peine d'amour fut décisive, qu'elle fut la goutte qui fit déborder le vase. Quel vase? Le réalisateur ne s'intéresse pas aux urnes funéraires et évite de se perdre en extrapolation. Il met plutôt ses efforts à nous montrer le talent de Dédé. Il lui rend un hommage à couper le souffle dans une scène tournée comme l'aurait sans doute tournée Dédé lui-même. Et à travers les sanglots que les cinéphiles tentaient d'étouffer, on en entendait quelques-uns s'étonner de la fin du film, qui se termine là où il avait commencé.

Seul bémol dans la distribution, le pitoyable Yan Rompré, qui n'a pas su faire la distinction entre Serge Robert et Mononc' Serge, frise le ridicule. Rompré parvient à jouer Mononc' Serge sur scène, mais hors scène, son interprétation tombe dans la caricature. Et la caricature d'un personnage caricatural, ça devient pathétique.

Dimitri Storoge

Par contre, l'interprétation de Dimitri Storoge, dans le rôle de Patrick Esposito di Napoli, est à la fois poignante et troublante. Joseph Mesiano, dans le rôle de Mike Sawatzky, est crotté jusqu'au bout des doigts et Sébastien Ricard est crédible dans le rôle principal.

Après Ma vie en cinémascope (Alys Robi), Dédé à travers les brumes (Les Colocs) fait entrer l'industrie cinématographique québécoise dans les ligues majeures des films musicaux.

Si on se fit aux affiches qui tapissaient le local de répétition des Colocs dans le film de Jean-Philippe Duval, le prochain long-métrage à porter sur un artiste de la chanson au Québec pourrait avoir pour sujet Gerry Boulet et Offenbach, avec un caméo de Philippe Proulx alias Pépé. La suggestion est lancée! Merci de faire parvenir votre chèque à l'ordre de Skarlatine pour le concept…

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